Mon herbier provencal

COQUELICOT : De nom scientifique papaver rhoeas, le coquelicot appartient à la grande famille des pavots. Il avait pratiquement disparu des champs de céréales et survivait péniblement au bord des chemins (victimes de certains traitements agricoles). Le voici de retour en force, sur les jachères de céréales, irradiant la campagne de rouge vif. Il abonde sur notre territoire. Grâce à ses vertus adoucissantes et calmantes, il agit contre le stress et l’anxiété. On en fait de bons sirops, on peut faire également des infusions de pétales. Certains l’utilisent en cuisine ou en pâtisserie et certains font des confitures de ses pétales.

CYNOGLOSSE A FEUILLES DE GIROFLEE : Bien étrange plante méditerranéenne que l’on rencontre au printemps dans les friches. Ces feuilles sont recouvertes de poils blanc et ressemblent à celles de la giroflée, d’où le nom de la plante. Elle développe une petite fleur à corolle pourpre et porte des nucules (fruits) ovoïdes couvertes de crochets et contenant des graines elles aussi pourvues de crochets. Fleurit à partir d‘avril dans des terrains arides, friches sèches.

AUBEPINE : Arbuste épineux qui croit au bord des chemins, en lisière des forêts, dans des terrains en friche. L’aubépine a un bois très dur qui lui a donné son nom scientifique crataegus (kratos en Grec signifie force). L’aubépine que l’on rencontre chez nous est la « monogyna ». Ses fleurs, qui éclosent au printemps, ont grand nombre de vertus médicinales et ses fruits (cenelles) sont comestibles bien que fades et farineux.

DAME D’ONZE HEURES : Il ne faut pas être matinal pour trouver la Dame d’onze heures (ornothogalum umbellatum) éclose. En effet elle ne s’ouvre que sous le soleil de fin d’hiver ou de printemps (mars, avril)et se referme le soir. Elle vit dans des friches, le plus souvent en petites colonies (touffes). Ne pas la confondre avec l’étoile de Bethléem qui a des pétale plus serrés et moins aigus.

CHARDON LAITEUX : Ce chardon doit son nom à la couleur blanchâtre de ses rameaux et aux stries de ses feuilles (nom savant : galactites tomentosus). C’est une plante méditerranéenne qui croît dans des sols caillouteux secs, c’est-à-dire les bords de chemin, les jachères, les friches sèches. Il fleurit généralement en avril et jusqu’en juillet (fleurs de violines à pourpres). C’est généralement une plante solitaire.

SILÈNE D’ITALIE : Pour une famille nombreuse, c’est une famille nombreuse. Avec quelque 300 espèces le silène nous égare facilement dans son identification. Ici, il s’agit bien du Silène d’Italie dont le calice et allongé et non bulbeux comme la plupart des autres membres de la famille (son nom serait une allusion à Silène demi-dieu ventru de la mythologie). Plante méridionale on la rencontre dans les près secs et au bord des chemin. Floraison mars.

GESSE A FEUILLES FINES : De nom latin lathyrus setifolius, la gesse à feuilles fines appartient à l’immense famille des fabacées c’est-à-dire des légumineuses parmi lesquelles, en plantes cultivées, nous avons la fève, le pois chiche, la lentille etc. L’identification de ces plantes et parfois difficile et il faut attendre la présence des fruits (causses) murs pour les distinguer. Nous avons rencontré notre gesse dans une friche au bord d’un chemin.

IRIS NAIN : Il s’agit de l’iris des garrigues (nom botanique : Iris lutescens) que les Provençaux appellent « coutelas » à cause de la forme de ses feuilles. Plante à rhizome, elle fleurit en mars – avril. Fleurs jaune pâle ou violette et parfois (c’est plus rare) blanchâtres. Vit le plus souvent en petites colonies sur des sols caillouteux, bien dégagés. Il se développe en plaques, au printemps, c’est un ravissement.

IRIS DES MARAIS : C’est au bord des rivières que l’on trouve cet iris. Ce magnifique spécimen jaune (iris pseudacorus) s’épanouit dans des zones humiques de la vallée de l’Arc. Il appartient à une grande famille de 230 espèces. Il est à la fois proche et bien différent de l’iris nain qui se déploie en nappes sur les plateaux calcaires dès le mois de mars. L’iris des marais lui, fleurit de mars à juillet. Il possède de longues feuilles linéaires en forme de glaive qui lui donnent son élégance

GLAÏEUL : Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’un glaïeul (gladiolus pour les botanistes), mais lequel ? Nous l’avons découvert (seulement quelques exemplaires), à Coudoux (Bouches-du-Rhône au pied d’un bancaou. Une plante magnifique avec de très belles fleurs rose violine pastel, mais fort difficile à identifier. Le glaïeul d’Ilyrie était séduisant, mais il s’est avéré être une fausse piste tout comme celui d’Italie ou de Byzance…. Mais qu’importe après tout il nous suffit d’admirer sa beauté. Plante protégée interdit donc de la cueillir.

ASPERGE SAUVAGE : Acutifolius pour les scientifiques. C’est le bonheur du randonneur à la sortie de l’hiver. Plante typiquement méditerranéenne, l’asperge sauvage s’épanoui dans les fourrés. Les pousses dites de printemps (de fin février à début avril) qui sont comestibles (excellentes en vinaigrette ou en omelette) et recherchée par les amateurs, deviennent, si elles ne sont pas cueillies, des plantes volubiles aux petites feuilles piquantes au pied desquelles apparaitrons au printemps suivant, de nouvelle pousses.

OPHRYS BECASSE : Merveilleuse petite orchidacée qui fleurit entre mars et mai dans des sols assez secs, type garrigue, pelouses peu humides, c’est l’ophrys scolopax appelé oprhys bécasse (ferait penser à la tête de bécasse).. C’est une plante méridionale rose (pétale et sépale) rarement blanche, parfois difficile à distinguer d’autres ophrys proches. Le labelle qui la caractérise (comme peint ou dessiné) est un pétale.

OPHRYS JAUNE : Ophrys Lutea de son nom scientifique, il est facilement reconnaissable avec son labelle (pétale supérieur) sombre entouré de lèvres jaune vif. Fréquent en Provence littorale (plus abondant en Corse) il fleurit de mars à mai sur des pelouse sèche. Il est parfois difficile à repéré car de petite taille. Comme toutes les autres orchidées c’est une espère protégée qu’il ne faut donc pas cueillir.

ALYSSE ODORANT ou Lobularia Maritima. Appartient à une famille très nombreuse. Il y aurait entre 150 et 1780 espèces (selon les auteurs).
Plante d’une dizaine de centimètres de hauteur (la plante cultivée et plus grande) très répandue et offrant une grande diversité dans la région méditerranéenne. Se caractérise par une très forte odeur de miel. Aime vivre en groupe dans les terrains secs, les friches, les bords de chemins. Il en pousse même en ville au pied des arbres.

LE SOUCI DES CHAMPS : La hausse des températures soudaines dès la mi-février et la douceur de l’air ont fait fleurir avec quelques semaines d’avance bon nombre de plantes printanières. Ainsi les boutons des soucis des champ ont éclos en nappes entières. Cette plante méditerranéenne (de nom scientifique Calendula Arvensis) offre une jolie petite fleur jaune orangé dont les vertus sont nombreuses. Le grand botaniste aixois Piton de Tournefort estimait que mangée en salade, la fleur du souci des champs préservait de la peste. L’autre botaniste Aixois, Joseph Garidel lui attribuait une vertu cordiale et affirmait que toute la plante était très bonne pour la jaunisse. Il a bien d’autres vertus développées dans « Le livre des bonnes herbes » de Pierre Lieutaghi (Actes Sud).


LA VIOLETTE ODORANTE : Elle aussi est en avance cette année. Cette jolie fleur de la famille viola qui compte entre autres les pensées, pousse en bordure des bois, des haies, dans les lieux frais et ombragés. C’est une plante comestible utilisée par bon nombre de chefs, qui en parsèment leurs salades. En tisane les feuillées séchées sont employées dans les affections respiratoires. Elle est facilement identifiable et son parfum confirme son identité. L’industrie l’utilise en parfumerie, mais il s’agit alors d’une violette cultivée.


LE SENEÇON COMMUN : Elle est apparue cette année dès le début février. On la trouve dans les friches, au bord des chemins. Plante amusante, quand ils éclosent ses boutons jaunes pendants se transforment en aigrettes. Selon Joseph Garidel, citant Tournefort, « son suc donné à la quantité de deux onces tue les vers » Conseil peu prudent car on sait aujourd’hui qu’il s’agit d’une plante toxique (toxicité hépatique). D’ailleurs, dans plusieurs ouvrages elle est qualifiée de « mauvaise herbe ». Elle appartient à la très grande famille des « senecio » qui compte plusieurs centaines de taxons.

LE ROMARIN : C’est l’une des premières plantes qui fleurissent dès le mois de janvier. C’est un véritable miracle. Elle apporte son parfum à la cuisine provençale et ses mille vertus à la pharmacopée. Consommé en infusion le romarin est antiseptique, antistress, antifatigue, antioxydant, antibactérien. De plus il favorise la digestion. Frais il est source de vitamines C. Selon le botaniste de Garidel (1715) il est idéal « pour corriger l’impureté de l’air dans les hôpitaux » En ses temps d’épidémie on ne peut que recommander son usage.