L’oppidum de Saint-Blaise

Le but de cette randonnée est Saint-Blaise, un magnifique oppidum Celte du Vème siècle avant notre ère. On évitera de la faire en pleine été. Le printemps est idéal. Nous l’avons faite, avec quelques amis, à partir de la D 52 juste après le grand rond-point du Ranquet (Istres). De là, on file vers Mourre Encaud et la forêt domaniale de Castillon. Peuplée de pins majestueux, cette forêt est traversée de multiples chemin et sentier, qui peuvent vous égarer. Gardez bien la direction sud en suivant le chemin de Castillon. A l’approche de l’étang d’Engrenier que l’on évite, on prend à droite vers l’étang de Lavalduc que l’on va longer un moment en suivant le canal des Martigues. Le canal des Martigues appartient à un réseau autrefois très actif qui comprenait le Canal de Capéou, et le canal de Boisgelin qui arrivait des Alpilles et permettait d’irriguer Entressen, Istres, Fos et Martigues.
L’étang de Lavalduc appartient à un ensemble de 5 étendues d’eau (étang de Citis, étang d’Engrenier, étang du Pourra, étang de l’Estomac) et il sert aujourd’hui de déversoir au eaux saumâtres amenées par des conduits souterrains depuis Géosel à Manosque (360 gl de sel). Ce qui explique sa couleur rose due à la présence minuscules crustacés qui se nourrissent d’une algue microscopique dunalilla artemia. C’est pourquoi Lavalduc offre des paysages qui peuvent, sous certains angles, ressembler à ceux de la mer morte. Avec cette saumure, l’industrie chimique fabrique de la soude.
C’est en suivant le canal des Martigues que l’on arrive sur le parking du site de Saint-Blaise devant la chapelle du même nom.
Le site de Saint-Blaise, qui se trouve sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts est géré par la communauté d’agglomération du Pays de Martigues. C’est tout d’abord une oppidum Gaulois, capitale dit-on de la tribu des Avatiques. La cité tirait sa richesse du commerce du sel extrait des étangs voisins. Le petit opuscule que vous pouvez vous procurer à l’entrée du site vous explique mieux que je ne puis le faire l’évolution de cet habitat. Sachez seulement que l’occupation de la colline de Saint-Blaise est classée en deux grandes périodes : 1/ La période archaïque (VIe et Ve siècles av. J.-C.) qui voit l’habitat gaulois se développer derrière une première enceinte. 2/ La période hellénistique au IIe siècle av. J.-C. et durant laquelle Saint-Blaise retrouvera son prestige après quelques décennies de déclin (enceinte en grand appareil de type grec etc…). La cité de Saint-Blaise sera détruite par les troupes romaines venues au secours de Marseille. La ville qui s’appelais alors Ugium, retrouvera un certain lustre au Ve siècle ap. J.-C. en devenant d’un des principaux pôles de la christianisation de la Provence.
A l’entrée du site se dresse la chapelle de Saint-Blaise, de belle architecture de roman provençal, édifiée sur les fondations d’une chapelle antérieure, Notre Dame de Castelveyre.
Nous avons eu la chance lors de notre randonnée de tomber sur une équipe d’archéologues qui fouillaient devant la chapelle sur l’emplacement d’une ancienne nécropole.
Pour quitter Saint-Blaise, on pouvait autrefois continuer à suivre le canal des Martigues vers la Tour d’Aix. Le sentier est aujourd’hui barré par la clôture intempestive d’une propriété privée. Nul n’a prévu d’aménager une sortie vers la Tour d’Aix … O tempora o mores ! A partir de Saint-Blaise on suivra donc la route sur 1,120 km puis ont tourne à droite vers Rossuet. Après la station d’épuration on retrouve à droite la D 52 dont nous sommes partis.

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