Les cabanes en pierre de Cornillon-Confoux

Cette randonnée, à partir de la sortie du village de Cornillon (parking à droite à 800 m du centre du village) vous conduira sur les chemins des cabanes en pierre sèche de Cornillon-Confoux. Pour désigner ces cabanes on utilise souvent le terme de « bories », mais il est tout à fait impropre. Il vient, selon les savants de la chose, de l’invention, au sens archéologique du terme, de l’abbé A. Gay en 1866. Il est repris par Louis Gimon en 1882, puis par J. Gilles en 1890 et par Prosper Castanier en 1893. Le mot est établi avec vigueur par David Martin, Charles Cotte et François-Napoléon Nicollet , qui, dans le numéro de janvier/février 1912 des Annales de Provence (société d’étude) publient trois articles sur « Les boris en Provence » et l’etymologie et origine de mot bori ».
Le travail de ces trois auteurs est plus que sujet à caution, leur but n’étant pas d’établir une vérité lexicale mais de fortifier une opinion toute faite que l’on veut étayer avec des preuves fabriquées ou approximatives. François-Napoléon Nicollet fait descendre le mot « bóri » (ainsi que les mots boria, borna, borno, borgno,bouarno, bordo, bouardo et leurs dérivés), de la racine latine bor.
La manœuvre consiste à faire accroire que les « boris » sont de très vieilles constructions de l’époque romaine. Manœuvre appuyée dans la même publication par Charles Cotte qui va encore plus loin en faisant remonter ces constructions aux premiers âges du fer sinon à l’âge du bronze. Et pourquoi pas du paléolithique pendant qu’on y est ?
On peut situer la plupart des cabanes en pierre sèche aux 18ème et 19ème siècles. Etant donné la fragilité de ces édifices inhérente au matériau et à la technique de construction, malgré la science de leurs constructeurs, il semble bien peu probable que les cabanes actuelles aient plus de deux cents ans.
Pourquoi construisait-on des cabanes en pierre sèche ?
Nous avons un grand nombre d’explications plus ou moins satisfaisantes. Une chose est certaine, les « bories » ne servaient pas d’habitation.
On a dit qu’il s’agissait de cabanes de bergers. C’est probablement vrai quand elles sont érigées le long des drailles de transhumance, mais c’est tout à fait improbable quand elles sont édifiées, comme à Cornillon, assez rapprochées les unes des autres.
On a supposé que l’essor démographique qui s’accélère au milieu du XVIIIème siècle a eu pour conséquence la mise en culture des terrains arides et rocailleux des garrigues.
Plus vraisemblable est l’hypothèse de Marie-Laure Flory qui a fait une étude sur le terrain de Souvignargues dans le Gard. En effet dès le lendemain de la Révolution et pendant des années va se régler et de façon plus ou moins efficace selon les régions le problème du partage des biens communaux. Il s’agissait, pour fixer dans les campagnes ceux qui y sont, et pour attirer ceux qui en sont sortis de concéder ce qui restait des communaux susceptibles de culture.
Un décret en date du 9 ventôse an III (27 février 1795) précise que les détenteurs ne pourront conserver leur lot qu’à condition des les avoir « défrichés, plantés ou enclos ou d’y avoir élevé des constructions ». C’est on ne peut plus clair et répond à bien des questions sur ces constructions. Et Cornillon est assez exemplaire de cette obligation. Toutes les cabanes sont édifiées sur des « bancaou » d’assez large dimension pour permettre des cultures.
Ces cabanes qui n’avaient pas de porte (certaines ont été ajoutées au XXème siècle) servaient essentiellement de dépôts d’outils agricoles et d’abri pour les cultivateurs en cas d’intempérie ou de forte chaleur.
La cabane rectangulaire
La première cabane que vous rencontrerez a ceci de particulier qu’elle est rectangulaire, c’est assez rare. Toutes ces cabanes sont édifiées en molasse helvétienne (molasse jaune) qui se débite facilement en plaquettes qui s’assemblent facilement.
Après le lieu-dit « Grattes », vous aurez déjà vu une demi-douzaine de cabanes, au niveau de la citerne prendre à droite vers Camp Jouven. A ce niveau on prendre un large chemin à droite vers le Château de Confoux.
Le château de Confoux
Château de la petite localité de Confoux (orthographié sur la carte d’état major de 1866 « Comphoux). Château privé qui ne se visite pas. Le château proprement dit serait du 17ème sur une base certainement beaucoup plus ancienne. Il comporte une chapelle romane du XIIème.
Du château, suivre le fléchage vers le mur des abeilles.
L’Apiès ou le mur des abeilles
Ce « mur des abeilles » de Cornillon-Confoux est très certainement un des plus grands connu à ce jour. Long d’une soixantaine de mètres et constitué de 56 niches (probablement 200 à l’origine) fut vraisemblablement édifié à la fin du XVIIIème siècle. Les ruches étaient mise à l’abri dans ces niches de pierre sèche. Mistral indique qu’on y installait des bruscs (ruches en écorce de chêne liège ou en simples planches).
On trouve une référence à ce type de construction dans le livre IX du « De l’agriculture » de Columelle, agronome latin du premier siècle : « le danger du feu et des voleurs peut être évité en entourant les ruches d’un ouvrage en briques, propre à les protéger contre la rapine du voleur et la violence des flammes… il n’y a pas à hésiter pour y placer, attenant aux bâtiments mêmes, le rucher entouré de maçonnerie… »
On trouve d’autres apiès un peu partout en France, comme dans l’Aude, à Pouzols ou à Gléons, mais moins sophistiqués que celui de Cornillon-Confoux.
Le village de Cornillon-Confoux
Il ne vous restera plus alors qu’à rejoindre vos voitures et aller visiter le charmant village de Cornillon qui offre en plus d’une vue quasiment à 160° sur l’Etang de Berre, la plaine de Salon/lançon. Le nom du village est le résultat de la fusion de deux localités au dé »but du 20ème siècle. D’un côté Cornillon. L’origine de ce toponyme (Cornello au 11ème siècle, Cornilhonis en 1118, cornilione en 1123) se réfère au nom latin Cornelius grand propriétaire local à l’époque romaine. De l’autre côté Confoux. Les formes anciennes (Conforç / Conforz en 1079, Cofort en 1093, Confurrio en 1164 et Confous vers 1300) renvoient à une étymologie latine issie de conforcum signifiant carrefour. Cornillon-Confoux enfin : Il faut attendre le 14ème siècle pour que les habitants s’édifient en communauté mais c’est officiellement, par le décret du 18 novembre 1919 que la commune a été autorisée à joindre le nom de Confoux à celui de Cornillon. Ces deux localités avaient été, jusqu’à la Révolution, deux paroisses différentes entre lesquelles passait la frontière de deux diocèses Arles à Cornillon et Aix à Confoux.
Dans le village donc, vous pourrez voir :

une église paroissiale (normalement ouverte) de style roman provençal du 12ème siècle.

La statue d’une vierge enceinte (à l’extérieur de l’église)

La chapelle Saint Vincent, chapelle romane construite au 11ème siècle par les moines de l’abbaye de Montmajour.

Et, tout à côté de la chapelle une nécropole salyenne du 1er siècle avant notre ère pour certains, paléochrétienne de la période du bas empire romain pour d’autres.

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