La grotte du Cap Ragnon

Plusieurs itinéraires sont possibles pour aller à la grotte du Cap Ragnon. On peut démarrer du Rove à partir d’un chemin qui part de la D568 au quartier « Les héritages » ou encore, toujours du Rove à partir d’un chemin qui part de la D5 en contre-bas du plateau du médecin (se garer à la barrière). Ce sont des itinéraires de 22 à 23 km. On peut aussi choisir de ne randonner qu’au bord de l’eau et partir de la calanque Méjean. L’itinéraire que je vous propose est plus court (10 km pour 370 m de dénivelé) et offre plus rapidement le spectacle de la Côte Bleue. Départ du parking de Corbière à l’Estaque (seul inconvénient, il faut emprunter la route D568 et l’ancienne route du Rove sur environ 1 km).
Avant d’aller au Cap Ragnon, un petit tour au fort de Figuerolles vous offrira une somptueuse vue sur Marseille.
Le fort de Figuerolles :
Il a été édifié entre 1880 et 1890 pour y installer une batterie (comme au fort voisin de Niolon). Nos rapports avec l’Italie s’étant sérieusement dégradés à l’époque, il fallait assurer la sécurité de la rade de Marseille
En 1932 la défense anti aérienne du territoire a mis en place la DCA de Marseille et de l’étang de Berre. Les forts de la Côte Bleue en faisaient partie. Elle n’est jamais entrée en action. Après 1942 les Allemands y firent quelques aménagements. Après la guerre cette batterie fu désarmée et l’emplacement évacué. Aujourd’hui il n’est plus que ruine.
La grotte du Cap Ragnon.
Il s’agit plus d’un abri-sous-roche que d’une grotte, qui se situe aujourd’hui à une quinzaine de mètres au-dessus du niveau de la mer. Quand il était habité au 6éme millénaire avant notre ère, le niveau de la mer était plus bas. Cet abri sous roche était, selon les archéologues qui l’ont fouillé, était occupé saisonnièrement (probablement l’été pour des campagnes de pêche), par, ce que Jean Courtin a appelé « les premiers paysans du midi » (Jean Courtin, docteur en préhistoire, est, entre autres, ancien directeur des antiquités de Provence, expert de la grotte Cosquer). Ils étaient à la charnière de deux mondes, celui des chasseurs-cueilleurs qui disparait et celui des éleveurs cultivateurs qui émerge. Ces premiers paysans, partout où le milieu s’y prête pratiquent la pêche (en eau douce et en eau salée). Ils appartiennent à la civilisation du « Cardial », parce qu’ils décoraient leurs poteries avec les bords dentelés de la coquille du cardium (coque).
Les fouilles pratiquées entre 1970 et 1972 (J. Courtin, S. Gagnière. J. Granier, J.C. Ledoux et G.Onoratini) ont permis de trouver tout un matériel de l’industrie lithique (silex divers) et osseuse (ciseau d’os, poinçons d’os etc.) ainsi que des tessons de poterie et des éléments de parure. La datation au carbone 14 les situe à 5700 ans avant notre ère. Mais ce qui est remarquable dans l’abri du Cap Ragnon, c’est la diversité des espèces de poissons dont on a retrouvé les restes (thon, mérou de grande taille, murène, daurade, sar, serranidés, labres, crabes, araignées de mer, oursins, moules, patelles – dont certaines ne se trouvent plus qu’en Corse – cardium, moules et pectens et notamment pectens maximus (coquille Saint-Jacques) aujourd’hui disparue de Méditerranée).
Cette pêche était pratiquée au moyen d’engins tels que filets ou nasses ? Il n’a pas été retrouvé de harpon, toutefois les chercheurs estiment qu’il est fort possible que cette pêche ait été pratiquée. On a retrouvé à Châteauneuf-les-Martigues (abri-sous-roche du vallon des Pigeons) une base de harpon en os. Or les archéologues supposent que les occupants du Cap Ragnon étaient les hommes de Châteauneuf-les-Martigues.
Avant de regagner la voiture, on peut s’asseoir un moment sur l’un des rochers qui bordent la grotte et imaginer ce qu’était la vie de ces hommes dont, peu ou prou nous sommes les descendants.

Articles recommandés