Coach, gourous, influenceuses et autres charlatans

Nous vivons une époque formidable. Autrefois, il y a bien longtemps, par exemple quand j’étais jeune, nous apprenions un métier. Soit dans une école spécialisée, soit chez un artisan, comme apprentis (certains faisaient le tour de France pour acquérir des connaissances), soit sur le tas dans une entreprise. Aujourd’hui, foin de formation et autre apprentissage, chacun peut s’inventer son métier C’est ainsi que l’on voit fleurir et particulièrement sur les réseaux dits sociaux des coachs. C’est nouveau et extraordinaire. Coach est un mot anglais qui signifie à la fois voiture, wagon, autocar, carrosse, diligence, répétiteur (trice), entraineur (sportif).
Des coachs donc qui prétendent vous aider (moyennant monnaie sonnante et trébuchante, évidemment) à faire ce que vous pensez ne pouvoir faire seule ou seul. Et rassurez-vous, il y a des coachs en tout. Pour apprendre à cuisiner (les mères ne transmettent plus leurs secrets de casseroles ?), à vous maquiller, à vous habiller, à écrire (ce qui normalement s’apprend à l’école), à faire du sport (ce qui aussi s’apprenait à l’école, au collège et au lycée, avant que les dispenses sportives de complaisance ne deviennent pratique courante…). Ceci serait un moindre mal si les coachs en question avaient quelque compétence dans ce qu’ils prétendent enseigner. Mais le plus souvent ce n’est pas le cas. Ces individus (ou individu.e.s, car il parait que dorénavant il faut tout féminiser. C’est ce qu’on appelle l’écriture inclusive) ont échoué à peu près dans tout mais ont un certain sens intuitif, pour comprendre qu’il y a des gogos à « séduire » et surtout à gruger. Et ils s’inventent une activité de coach ou mieux, aujourd’hui, d’influenceur ou influenceuse. S’il est vrai qu’en définitive ils ne bernent que ceux qui veulent bien se laisser berner, ils ne sont pas dangereux. En revanche il y dans cette large gamme de charlatans, des gourous, naturo-quelque chose qui eux sont particulièrement nocifs, nuisibles et malsains. L’un des chefs de file de cette industrie de dupes est un certain Thierry Casasnovas qui prône le « crudivorisme ». Sans aucune formation médicale ou nutritionniste, il conseille (sur un réseau dit social) en matière de santé et de nutrition. Selon Wikipédia, « il déclare avoir guéri, en adoptant une alimentation crue et vivante, des maladies comme la tuberculose ou l’hépatite C… et affirme qu’il est également possible de guérir aussi le cancer… » Je ne porte aucun jugement sur les bienfaits ou non de ces principes, mais si les carottes (avec du citron), les tomates, les endives, les avocats sont excellents crus, avec les poireaux c’est déjà limite. Pour les patates et les aubergines, le salsifis le potiron et la rhubarbe, faut y croire. Ne parlons pas des céréales et encore moins des légumineuses qui posent quelques petits problèmes. Les haricots, les lentilles et les pois chiches crus, même bien assaisonnés c’est difficile à avaler.
Aux élucubrations de ce nuisible, je préfère les considération de Jacques Barrau, entre autres botaniste, anthropologues, ingénieur agronome, docteur en sciences naturelles (et j’en passe) qui écrit dans son livre « Les hommes et leur alimentation » : « Dans cette longue histoire des techniques alimentaires, une étape importante fut franchie quand ces hommes ne se contentèrent plus de griller ou de rôtir leurs aliments à la chaleur sèche de flammes, de braises ou de pierres surchauffée sur un foyer et qu’ils inventèrent la cuisson à la chaleur humide. Elle permit une diversification accrue des mets et des saveurs ainsi qu’une possibilité accrue de mélanges d’aliments dans une même cuisson… de très anciennes techniques culinaires furent génératrices de plaisirs gustatifs nouveaux et que, très tôt, naquit ainsi et alla croissant ce désir d’un bien manger aux saveurs renouvelées qui est un trait proprement humain ».
Quand aux influenceuses, des gaminettes, qui croient avoir découvert le Pérou, qui n’influencent que d’autres gaminettes un peu niaises incapables de trouver leur propre personnalité…. Ce n’est qu’une péripétie du moment !

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